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La croissance de l'assemblée

Le Seigneur met tout à notre disposition pour que nous croissions individuellement et collectivement "en toutes choses, jusqu'à lui qui est le chef, le Christ" (Eph. 4. 15). Pour atteindre ce but glorieux, Il nous donne les moyens appropriés et les accompagne d'une garantie : lui qui "a aimé l'assemblée et s'est livré... pour elle" en prendra soin jusqu'à sa venue afin de se la présenter "glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable" (Eph. 5. 25, 27).

Notons que la croissance collective implique celle de l'ensemble des croyants, l'Eglise entière, mais cette croissance se concrétise visiblement dans l'église locale. L'apôtre Paul compare la croissance de l'assemblée à celle d'un corps bien coordonné. L'ensemble croît et fonctionne d'une manière harmonieuse si chaque partie remplit son rôle selon sa capacité, si chaque élément travaille dans un esprit d'amour (Eph. 4. 16). On peut construire la plus belle des mécaniques, mais sans huile - sans amour - les rouages seront grippés !

"Avant toutes choses" (1 Pi. 4. 8) et "par-dessus toutes ces choses" (Col. 3. 14), l'amour est à la base de nos relations les uns avec les autres et de toute notre activité pour le Seigneur. L'exhortation s'impose à nous : "Que, étant vrais dans l'amour, nous croissions en toutes choses" (Eph. 4. 15).

Dieu utilise toujours des personnes imparfaites dans des situations imparfaites pour accomplir sa volonté. Que cela ne soit pas une excuse pour justifier un état spirituel médiocre ! Au contraire, lisons et méditons assidûment les écritures : nous apprendrons à mieux connaître Christ et notre position en lui. Nous prendrons davantage conscience de notre mission individuelle et collective. Nous modifierons certains de nos comportements parce que nous aurons le désir de croître, de passer de l'état de petits enfants à l'état d'adultes ou "hommes faits" (Héb. 5. 14).

Dieu nous donne la force et les moyens de grandir. Soyons dynamiques dans sa main !

Les dons de l'Esprit

Pour édifier l'église, l'Esprit distribue des dons à tous les croyants, sans restriction : "Le seul et même Esprit opère toutes ces choses ; distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît" (1 Cor. 12. 11). Comme croyant, je suis concerné par ce que Dieu me donne pour mes frères, mais je dois aussi reconnaître et accepter ce que Dieu donne à mes frères pour mon bien.

Les dons de l'Esprit peuvent être utilisés en toutes circonstances et au profit de chacun, sans limite. Ils ne sont pas réservés à l'édification de quelques privilégiés. Toutefois, Dieu a aussi prévu des moments particuliers pour l'exercice de certains dons, par exemple celui de l'enseignement de la Parole. être absent, sans motif, quand ce don s'exerce dans l'assemblée locale, serait négliger quelque chose donné par Dieu.

Les relations entre frères

Le développement harmonieux d'un corps dépend de la tenue des muscles et des ligaments et de leur bonne coordination. De même, la croissance de l'église dépend de la qualité des relations des croyants les uns avec les autres (Eph. 4. 16).

Comment assurer une croissance harmonieuse ?

  • Poursuivre ce qui tend à l'édification mutuelle (Rom. 14. 19). S'entretenir de la Parole de Dieu, parler de manière naturelle de choses heureuses plutôt que d'échanger des banalités, voilà ce qui contribue à faire croître ensemble dans la grâce (Col. 3. 16). S'encourager, s'exhorter est si facile !
  • Porter les charges les uns des autres  (Gal. 6. 2). Reste-t-on les bras ballants en voyant quelqu'un chargé de lourdes valises ? Saisissons les occasions pour rendre service, d'une manière efficace et discrète.
  • Poursuivre la paix avec tous (Héb. 12. 14). Qui n'est pas pour la paix ? Encore faut-il la poursuivre, car elle peut s'échapper ! Sait-on se taire pour la paix ? Sait-on intervenir pour la paix, au moment approprié ? Procurer la paix nous désigne dans ce monde comme des fils de Dieu (Matt. 5. 9).
  • être soumis les uns aux autres dans l'estime réciproque (Eph. 5. 21 ; Phil. 2. 3, 4). C'est d'abord contempler Celui qui est "débonnaire et humble de cœur" (Matt. 11. 29), puis lui ressembler.
  • être soumis aux conducteurs, aux anciens, les estimer (1 Thes. 5 . 12, 13 ; Héb. 13. 17). Pour assurer la bonne marche de l'assemblée locale, Dieu établit des "surveillants" qui portent le caractère d'anciens (1 Tim. 3. 1-7 ; Tite 1. 5-9). Soyons soumis à ceux à qui Dieu donne une position d'autorité. Ils ont besoin de notre appui et de notre amour.
  • Confesser ses fautes l'un à l'autre, se pardonner les uns aux autres (Jac. 5. 16 ; Col. 3. 13). L'écriture ne met pas de condition à ces exhortations. Nul ne peut les esquiver. Confesser mes fautes à mon frère ne diminue pas la confiance qu'il a placée en moi. Pardonner n'est jamais facile : souvent mes émotions bloquent le processus de pardon parce que j'argumente intérieurement contre celui qui m'a offensé. Dès que je commence à prier pour lui, mes motifs fondent : je me rends compte des difficultés de mon frère. Je me rappelle aussi comment Dieu m'a pardonné (par grâce !) et comment il a jeté mes péchés derrière son dos pour ne plus s'en souvenir (Es. 38. 17) !
  • Avertir (1 Thes. 5. 14). Personne n'aime avertir, mais si on néglige de le faire, les choses restent boiteuses et elles vont se dévoyer davantage. Avertir, c'est toujours dans le but de gagner un frère, jamais de l'écraser !
  • Exercer la discipline (1 Cor. 5). L'apôtre Paul avertit solennellement les Corinthiens qu'ils devaient marquer une distance par rapport au mal présent dans leur assemblée. Ce qui est vraiment le mal ne doit pas être accepté au milieu des croyants : "Comme celui qui vous appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite" (1 Pi. 1. 15).

L'hospitalité, l'accueil

  • Pratiquer l'hospitalité (Rom. 12. 13 ; Héb. 13. 1). Est-ce que ma maison est ouverte ? Trois maisons hospitalières ont contribué à la croissance de l'assemblée :
    1. Aquilas et Priscilla invitent Apollos chez eux pour lui expliquer "plus exactement la voie de Dieu", plutôt que de le reprendre publiquement dans la synagogue d'éphèse où il enseignait (Act. 18. 26). Cette démarche discrète est tellement plus efficace qu'une démonstration devant tous !
    2. Stéphanas et tous les siens s'étaient consacrés spontanément au service des croyants en mettant toute leur maison à leur disposition (1 Cor. 16. 15).
    3. La maison de Philémon était ouverte. L'assemblée s'y réunissait. Chez lui le cœur des croyants était rafraîchi (Phm 2, 7).
  • Accueillir. "Recevez-vous les uns les autres" (Rom. 15. 7). Nous avons le privilège et la joie d'avoir été chacun accueillis par le Seigneur : il va nous faire du bien ensemble. Nous sommes sur le même chemin !

Soutenir l'œuvre du Seigneur

Les assemblées du Nouveau Testament soutenaient l'œuvre du Seigneur, par la prière, par des dons aux serviteurs, par des collectes pour les croyants démunis. Les serviteurs de Dieu ont besoin du soutien de nos prières pour que leur message procède de Dieu (2 Thes. 3. 1). Les dons sont une preuve tangible de notre intérêt pour l'œuvre du Seigneur (Gal. 6. 6). Prenons aussi le temps d'accueillir et d'accompagner les serviteurs de Dieu, comme Tite avec Zénas (Tite 3. 13).

Que Dieu nous aide à servir dans le sens où Lui-même travaille (Act. 13. 36) !

Œuvrer ensemble

"Quand il n'y a point de vision, le peuple est sans frein" (Prov. 29.18). Sans une vision commune il n'y a que désordre. Pour travailler ensemble d'une manière efficace, chacun doit partager la même vision : voir les compassions de Dieu pour ceux qui périssent, pour son peuple, voir le but comme Dieu le voit.

Alors, ayant la même vision, mettons-nous ensemble au travail !

Il faudra encore calculer la dépense en temps, en force, en argent, pour garder un équilibre dans le service. Mais soyons hardis : "Celui qui observe le vent ne sèmera pas ; et celui qui regarde les nuées ne moissonnera pas" (Ecc. 11. 4).

Les obstacles à la croissance

Le peuple d'Israël est tombé dans le désert, il n'y a pas eu de croissance. Pourquoi ? Il a convoité, il est devenu idolâtre, il a commis la fornication, il a tenté Dieu, il a murmuré ! Toutes ces choses leur sont arrivées pour nous servir d'avertissement (1 Cor. 10. 1-13). Si nous ne prenons pas garde à ces avertissements, le même sort nous atteindra !

Les obstacles à la croissance sont nombreux :

  • S'isoler : "Celui qui se tient à l'écart recherche ce qui lui plaît ; il conteste contre toute sagesse" (Prov. 18. 1).
  • Agir avant d'être : Agir sans une maturité suffisante conduit à des échecs. Gardons toutefois une juste mesure : chaque serviteur doit montrer sa disponibilité avant de pouvoir pleinement servir (1 Tim 3. 10), mais les jeunes croyants doivent être encouragés à servir le Seigneur. C'est en travaillant qu'on apprend.
  • Acceptons aussi les conseils : "Les projets échouent là où il n'y a point de conseil" (Prov. 15. 22).
  • Le manque de connaissance : "Mon peuple est détruit, faute de connaissance" (Osée 4. 6). Saisissons toutes les occasions pour que notre connaissance personnelle et collective augmente.
  • Le désir de nouveautés. Quand on a dénoncé la routine, qu'avons-nous de plus ? Rien ! Par contre, la routine disparaît quand, par notre propre relation avec le Seigneur, nous donnons envie à notre frère de vivre une relation toujours renouvelée avec le Seigneur. Ensemble nous ferons des choses nouvelles, c'est-à-dire provenant d'une source sans cesse rafraîchie.
  • Le légalisme. On s'étonne de cet état qui arrête tout progrès : "Vous couriez bien, qui est-ce qui vous a arrêtés pour que vous n'obéissiez pas à la vérité ?" (Gal. 5. 7). Sans nous remettre sous la loi, respectons cependant les limites que nous donne l'écriture.
  • Remettre en question l'autorité sous toutes ses formes. Marie et Aaron ont fait des reproches à Moïse. Sans doute, prenaient-ils ombrage du rôle croissant que Dieu confiait à leur frère (Nom. 12). Dathan et Abiram ont agi dans le même sens (Nom. 16). Marie est devenue lépreuse, Dathan et Abiram ont péri. Ne rejetons pas l'autorité que Dieu donne pour notre bien !

 

Un obstacle majeur à la croissance individuelle et collective est l'abandon du "premier amour" (Apoc. 2. 4). Au-delà de l'amour du jour de notre conversion, cet amour est celui qui met toujours Christ en premier. En se repentant, c'est-à-dire en étant d'accord avec Dieu sur le diagnostic qu'il porte sur nous, puis en donnant sans cesse à Christ la première place dans nos vies, la croissance repart.

En conclusion :

Laissons-nous transformer : "soyez transformés" (Rom. 12. 2).

Le but de cette transformation est double :

  • pour nous-mêmes, nous croissons "jusqu'à lui qui est le chef, le Christ" (Eph. 4. 15). Cette croissance a un aboutissement glorieux : "Nous lui serons semblables" (1 Jean 3. 2).
  • pour le Seigneur qui a semé en pleurant, "il reviendra avec un chant de joie, portant ses gerbes" (Ps. 126. 6). "Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait" (Es. 53. 11).

Oui, laissons-nous transformer, ensemble, pour la joie du Seigneur !

élie Vignaud

Sujet présenté à la rencontre EPI 2001, La Bessonnaz

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