échanges

bimestriel

Precedente ] Remonter ] Suivante ]

QUESTIONS REPONSES REFLEXIONS

Question :

Quand peut-on être baptisé ? Quelqu'un m'a dit : Il faut que tu persévères d'abord dans l'enseignement.

Fortunat Mambuene

Réponse :

Au début du christianisme, à la suite de la première prédication de l'apôtre Pierre, ses auditeurs, le cœur pénétré de douleur, demandent ce qu'ils doivent faire. Pierre leur dit : "Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ" (Act. 2. 38). L'apôtre ne leur demande ni de faire des œuvres, ni d'étudier la doctrine, seulement de se repentir et d'être baptisés. Il n'en demeure pas moins que celui qui baptise doit avoir la conviction que le candidat au baptême a vraiment la foi et qu'il est conscient de la signification de cet acte.

Celui qui reçoit le baptême témoigne publiquement, par cet acte, qu'il appartient à la foi chrétienne, qu'il a reçu personnellement Jésus pour son Sauveur. L'acte même du baptême symbolise notre identification avec Christ dans sa mort et dans sa résurrection (Rom. 6. 3-5). Cet aspect du baptême doit être expliqué au candidat afin qu'il puisse en tirer les conséquences pratiques dans la manifestation de sa vie nouvelle en Christ. Si l'on pense qu'on ne peut pas être baptisé avant d'avoir bien compris tout l'enseignement biblique, il est à craindre que personne n'aurait l'audace de se présenter au baptême !

Ajoutons que le baptême ne confère rien à celui qui le reçoit, ni grâces, ni vie éternelle, ni onction de l'Esprit Saint, c'est simplement l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu (1 Pi. 3. 21). Il est un préalable à une vie chrétienne authentique et non un aboutissement. On ne devient pas chrétien en recevant le baptême, mais en croyant à l'évangile et en acceptant Jésus comme Sauveur. On en donne alors la confirmation en recevant le baptême.

Le nouveau disciple de Jésus Christ désire faire des progrès dans la connaissance de la vérité. Les 3000 personnes qui ont été sauvées à la suite de la prédication de l'apôtre Pierre "persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières" (Act. 2. 41, 42). La persévérance dans l'enseignement biblique est indispensable, mais elle n'est pas un préalable à l'administration du baptême.

Question :

Le chrétien peut-il croire au destin ?

Yara TOZIRI

Réponse :

Ce que l'on entend par destin est souvent l'enchaînement de circonstances sur lesquelles nous n'avons pas prise. On attribue alors faussement cet enchaînement à une force aveugle à laquelle on donne le nom de destin. Mais le mot destin est de la même racine que destinée ou destination. Il y a donc un cheminement, un parcours que Dieu seul connaît et qu'il détermine pour nous conduire au but. Toutefois, nous ne sommes pas des robots que Dieu aurait programmés pour une fonction déterminée ou un but à atteindre. La doctrine du fatalisme, selon laquelle tous les événements sont fixés d'avance, ne se trouve pas dans les Ecritures. D'une part nous savons que Dieu est au-dessus de tout : "Qui est-ce qui dit une chose, et elle arrive, quand le Seigneur ne l'a point commandée ?" (Lam. 3. 37). D'autre part, Dieu nous laisse la responsabilité de nos choix et de nos actes : "Choisis la vie, afin tu vives" (Deut. 30. 19). Notre esprit est trop limité pour concilier ces deux réalités : la souveraineté de Dieu et la responsabilité de l'homme. Mais ce que nous savons, c'est que nos noms sont écrits dans les cieux, dans le livre de vie de l'Agneau (Luc 10. 20 ; Apoc. 21. 27). Le chrétien saura alors utiliser la ressource de la prière pour demander à Dieu le vrai chemin à suivre et à quelle tâche ou à quel service il nous destine. Dieu nous répondra par la Parole, nous faisant comprendre le sens et l'application particulière de tel passage biblique pour éclairer notre chemin.

Réflexion

La plus belle montagne du monde

Un jour, au sommet du Cervin, un guide et son client discutent de la plus belle montagne du monde. Pour le guide de la région, il ne fait aucun doute que c'est le Cervin. Le client, chrétien connu du nom d'Ernest Bille, profite de témoigner en expliquant pourquoi, pour lui, ce sera toujours Golgotha. Ce message a-t-il été entendu ? Peut-être. Quelques heures plus tard, le guide perdait la vie dans la descente.

Ce petit récit, lu la première fois dans un rapport d'ascension du Cervin, m'a fait réfléchir sur Golgotha, cette montagne étrange....

Ici pas de neige, pas de vent qui vous glace et vous empêche de respirer. Il fait plutôt chaud, mais quelque chose est quand même glacial, c'est le cri de toute une foule qui vient de se faire entendre : " Il mérite la mort !".

Pas non plus de falaises, pas vraiment de rochers impressionnants. Le seul qui est là ressemble à un crâne lugubre. On l'appelle Golgotha.

Un homme marche vers le sommet de cette petite colline. Elle est insignifiante et ne mérite pas d'être marquée par une croix. Pourtant, bientôt il y en aura trois, et Lui, il porte celle du milieu.

On oblige maintenant un autre homme à porter sa croix. Serait-il trop fatigué ? Serait-ce à cause de la longue marche d'approche, Lui qui, le soir précédent, est parti d'un autre mont, celui des Oliviers, et qui n'a trouvé aucun refuge depuis. Peut-être est-ce plutôt tout ce qu'il a dû supporter ? Il est même blessé. Ce ne sont pas ses mains qui saignent d'avoir trop serré la corde, ni un rocher qui l'aurait blessé, pourtant son dos est sillonné de profondes marques, celles d'un fouet. Son front porte des épines. Des bleus sur son visage montrent qu'il a reçu des coups.

N'a-t-il donc aucun compagnon ? Et sa cordée de disciples ? Ils étaient encore avec Lui le soir au mont des Oliviers. Il a été pour eux le plus fidèle des guides pendant trois ans. Il les précédait sur les sentiers de Palestine. Ils étaient toujours ensemble, une troupe de vrais amis. Il les a parfois tenus par la main pour leur éviter des chutes ou pour les relever. Où sont-ils, maintenant ? Ils l'ont abandonné pour partir seuls, sans guide. Ils croyaient bondir sur les crêtes du courage...Ils ont dévalé les pentes de la lâcheté, ils ont glissé sur les névés de la peur. Ils l'ont laissé seul. L'un deux, par amour de l'argent, a accepté de faire le guide pour ceux qui ont pris Jésus, puis il a dévissé dans le couloir du remords. Il y a laissé son âme. Quel gâchis !

Et cet Homme ? Voilà qu'on le hisse encore plus haut, on l'attache sur la croix. Tout le monde peut le voir. Cette fois, ses mains aussi sont blessées, mais ce n'est pas par la roche vive, et ce ne sont pas des cloques qui font souffrir ses pieds nus. Non, on vient de percer ses mains et ses pieds... De cruels coups... de cruels clous...Pourquoi donc ? Ses pieds ne l'ont-ils pas conduit de lieu en lieu pour que ses mains y fassent le bien ?

Golgotha, n'es-tu donc que le sommet de l'injustice, la montagne de l'ingratitude, le massif de la cruauté ?

A ce moment, un cri déchire le ciel. Ça ne ressemble pas au sifflement d'un choucas dans le vent des cimes. C'est le cri de cet Homme. Sûrement hurle-t-il sa souffrance.

Ecoutez... " Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ". Peut-être qu'il délire ? Est-ce un état ressemblant à l'ivresse des sommets ? Non, alors quoi ? Comment expliquer ce cri plein de douceur dans la dureté et la violence de ce paysage ?

Comment ? Sinon en admirant le cœur de Jésus, en comprenant que Golgotha est la colline du pardon, le sommet de la grâce, le point culminant de l'amour.

Maintenant, le ciel se voile. Serait-ce un de ces orages inattendus dont la montagne garde le secret ? Non, mais la colère de Dieu, jusqu'alors retenue contre le mal, qui va se déverser sur la terre comme une violente tempête. Sûrement que tous ceux qui sont là vont être frappés. Et pourtant non, un seul est frappé. C'est encore Lui. C'est Lui seul qui supporte maintenant, pendant trois heures ténébreuses, les foudres de la colère de Dieu. Et les méchants, comme ce mauvais brigand à deux pas de Lui ? Eux, s'ils le veulent, sont accueillis à l'abri dans le refuge du salut. N'est-ce pas merveilleux ?

Mais attendez, tout n'est pas fini. Regardez, celui qui est mort sur ce sommet est ensuite ressuscité le troisième jour. Il est bel et bien vivant. Aujourd'hui, il n'est pas seulement le refuge qui nous fait échapper au gouffre éternel, mais il est aussi le guide fidèle. Il nous précède sur les sentiers parfois difficiles de la vie, il est le premier de cordée quand un passage est trop dur.

Oui Seigneur, chaque fois que je verrai une croix sur un sommet, je me répéterai que Golgotha est bien la plus belle montagne du monde.

Jean-Philippe CHAVEY

Precedente ] Remonter ] Suivante ]

échanges

© 1994-2004

contact