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Oser dire " non "

Le principe d'obéissance que nous cherchons à inculquer à nos enfants semble être mieux symbolisé par le " oui " que par le " non ". C'est pourquoi peu de parents enseignent leurs enfants à dire " non " et savent en donner les raisons. Il est vrai que le " non " de la désobéissance est déjà tellement spontané, il est même inné dans leur cœur ! Il y a pourtant des situations où il est primordial de savoir dire " non ". Déjà très tôt, des sollicitations dangereuses se présentent à l'enfant auxquelles il devra savoir répondre par un " non " résolu. Il est bien nécessaire d'apprendre à nos enfants de ne pas hésiter à dire " non " quand l'offre, même séduisante, leur paraît douteuse. L'enfant est sensible à la moquerie, il ne souhaite pas être marginalisé ; alors, osera-t-il refuser ? Ce peut être la première cigarette, ou plus encore l'essai d'un " joint " ; ce peut être une séduction plus perverse, même teintée d'amour - quel mal y a-t-il ? lui dira-t-on - méfions-nous, car la chair est faible...

Il est des " non " qui ont influencé le cours de l'histoire. Daniel, par exemple, resté fidèle à son Dieu au sein d'une société idolâtre, par son " non " résolu, a accédé au plus haut rang de la hiérarchie babylonienne. Qui sait combien de situations particulières son influence a pu modifier ? Son refus initial ne l'a pas empêché d'être actif à Babylone, mais il savait mettre les bonnes limites à son obéissance à l'autorité, de même que ses trois compagnons. Les " non " de Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria ne sont pas des rejets de la société, mais les contours de tout ce qui est acceptable pour leur foi. Ces limites trouveront des passages communs obligés, qui varieront suivant le contexte et les personnes. Non ! Jusqu'ici, mais pas plus loin !

Il y a aussi les " non " sans compromis par obéissance à Dieu. Les apôtres en donnent l'exemple devant les chefs religieux de l'époque. Quitte à devoir souffrir, être emprisonnés ou même mourir, aucune hésitation dans leur réponse hardie. L'apôtre Paul a montré la même détermination face à ses détracteurs judaïques, lorsqu'ils voulaient le soumettre aux règle rigides de leur rituel (Gal. 2. 5).

Que dire du Seigneur Jésus lui-même ? Son attitude a souvent été un refus catégorique à toutes sortes de sollicitations. Déjà, bien sûr, à l'adresse de Satan, lors de la tentation au désert, mais ensuite aussi à diverses occasions : " Non " à ceux qui voulaient le proclamer roi (Jean 6. 15), " non " au disciple Pierre qui refuse que Jésus puisse passer par la mort et qui lui dit : "Dieu t'en préserve, cela ne t'arrivera point" (Matt. 16. 22), " non " encore quand ce même disciple prend l'épée au jardin de Gethsémané pour défendre son Maître que l'on arrête (Matt 26. 52). Mais quand les hommes lui jettent ce défi : "Si tu es Fils de Dieu, descends de la croix" (Matt. 27. 40), Jésus ne répond rien, car même un " non " était inutile. Il allait résolument jusqu'au bout, par amour, pour pouvoir donner le salut gratuitement à quiconque dit " oui " à son offre de grâce.

Ce texte a été suggéré par un article paru dans le " Message de Paix ", avec autorisation de l'éditeur:
Daniel Houmard Haut du Village 27 CH-2735 CHAMPOZ

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